On emploie souvent les mots d’Angleterre et d’Anglais
pour désigner la Grande-Bretagne et ses habitants. Mais l’Angleterre
n’est, à proprement parler, que la partie sud-est de l’île de
Grande-Bretagne dont elle partage le territoire avec les nations à
forte identité – et dorénavant dotées d’institutions autonomes
– que sont le pays de Galles à l’ouest et l’Ecosse au nord.
Ecossais et Gallois ne sauraient, sans qu’on veuille leur faire
affront, être traités d’Anglais.
C’est cependant, bien entendu, l’Angleterre qui pèse le plus
lourd dans le Royaume-Uni, avec plus de cinquante-cinq millions
d’habitants quand l’Ecosse en a dix fois moins et que le pays de
Galles en aligne à peine trois. C’est elle aussi qui en a
constitué le noyau fondateur, en annexant, dès le XIIIe siècle, la
principauté de Galles, en colonisant par étapes successives
l’Irlande, dont seul le Nord fait aujourd’hui encore partie du
royaume, et en imposant en 1707 à l’Ecosse la signature d’un
Acte d’union après avoir eu un souverain en commun avec elle
pendant un siècle.
Ces cinquante-cinq millions d’habitants pour une superficie qui ne
représente que trois-cinquièmes des 230 000 kilomètres carrés de l’île, avec
des zones quasiment désertes telles que les Pennines ou les landes
du Yorkshire, font que l’Angleterre, avec une population urbanisée
à 90 %, présente en Europe une des plus fortes densités de population, avec un record dans la zone du Grand Londres (8,2 millions
d’habitants).
Telle qu'elle se présente, l’Angleterre s’adosse aux montagnes
du pays de Galles et de la chaîne Pennine, héritières largement
rabotées de plissements de l’ère primaire et entaillées de
vallées parfois profondes qui débouchent sur des estuaires propices
à l’établissement de ports. Le plateau du Nord-Est descend en
ondulations plus ou moins escarpées vers la mer du Nord, tandis
qu’au sud, le bassin de Londres, qui continue géologiquement le
bassin sédimentaire anglo-flamand, est encadré par des lignes de
collines, Costwolds, Chilterns ou encore Downs.
Au nord-ouest, le massif du Cumberland, où se niche le Lake
District, et le pays de Galles supportent de plein fouet l’humidité
de l’Atlantique, mais le bassin de Londres en est relativement
protégé. Il reçoit, en quantité sinon en fréquence, moins de
pluie que le Bassin parisien, voire, dans sa partie est, que
certaines zones du Proche-Orient où les pluies sont moins
fréquentes mais plus abondantes. Quant au smog, ingrédient
omniprésent des romans victoriens, il a largement disparu à partir
du milieu du XXe siècle avec l’abandon du chauffage au
charbon et le déclin des industries primaires. Les actuels
brouillards ne sont ni plus ni moins denses ou fréquents que ceux
que l’on peut observer en France.
L’Histoire a été généreuse avec l’Angleterre, longtemps
petit pays situé à l’extrémité nord-ouest de l’Europe, hors
des grands courants commerciaux. Au milieu du XVe siècle,
lorsque ses troupes ont été boutées hors de France et qu’elle
sort tout juste de l’effroyable guerre civile dite « guerre des Deux
Roses », elle ne compte que quatre millions et demi d’habitants, à
peine plus que l’Ecosse, sa voisine, et se retrouve exsangue. La
politique mercantiliste d'Henry VII, la création d’une marine,
suivie du soutien apporté aux explorations et à la colonisation par
ses successeurs, a débouché un siècle plus tard sur la maîtrise de
la mer. Dès les négociations du traité d’Utrecht en 1713,
l’Angleterre s’impose comme arbitre sur l’échiquier européen.
Son accroissement démographique à partir de la fin du XVIIIe
siècle, puis la révolution industrielle et l’expansion coloniale
du XIXe siècle font du Royaume-Uni qu’elle dirige la
première puissance mondiale, maîtresse d’un empire qui couvre, à
la fin du règne de Victoria en 1901, un quart des terres émergées.
L’Angleterre a payé un lourd tribut à la seconde guerre
mondiale, tout en faisant l’admiration générale par le courage de ses
pilotes lors de la bataille d’Angleterre qui fit dire à Churchill
que « jamais le monde n’avait tant dû à si peu d’hommes ». Très éprouvée à la fin du conflit, elle a su se relever. Une nouvelle cathédrale de verre
remplace celle de Coventry, rasée par la Luftwaffe. Les industries
traditionnelles ont fait place aux nouvelles technologies et aux
services. Mais la City reste la place financière dominante en
Europe, Londres vibre, lance les modes et attire la jeunesse. Son
skyline en perpétuelle transformation par l’adjonction de
nouveaux buildings aux formes innovantes témoigne de sa vitalité.
Les tendances centrifuges qui ont amené les gouvernements de John
Major et de Tony Blair à accorder, au sein du Royaume-Uni, l’autonomie
institutionnelle à l’Ecosse et au pays de Galles (et même
récemment, dans une moindre mesure, à la Cornouaille) n’ont pas
été sans conséquences en Angleterre. Une forme de nationalisme
purement anglais y a presque supplanté la traditionnelle fierté
britannique. On a vu fleurir les drapeaux blancs à croix de
Saint-Georges rouge à côté ou à la place de l’Union Jack. Des
voix s’élèvent pour que l’Angleterre jouisse d’une assemblée
particulière comme les autres composantes du royaume, le rôle du
Parlement communautaire de Westminster n’étant, par ailleurs, pas
remis en cause. Qu’en sera-t-il à l’avenir du Royaume-Uni et de
la place de l’Angleterre en son sein ? Les années qui
viennent devraient assez vite apporter la réponse à cette question au moment où la sortie de l’Union Européenne décidée par les électeurs en juin 2016 ouvre une période de grandes incertitudes.
La Préhistoire
Durant la période préhistorique, les régions où se formera, à l'issue de la dernière glaciation, l'archipel britannique, constituent une périphérie occidentale du bloc eurasien où des traces du Paléolithique ancien ont été relevées, mais où il faut attendre la période séparant les glaciations de Riss et de Würm, c'est-à-dire celle du Paléolithique moyen, pour constater une occupation humaine plus continue. Touchées par la révolution néolithique, les îles britanniques voient ensuite se développer de riches cultures dont témoignent des ensembles mégalithiques tels que celui de Stonehenge. Au premier millénaire avant J.-C., les migrations en provenance du continent, contemporaines des mouvements de populations correspondant aux périodes de Halstatt et de La Tène, les font entrer dans l'espace de l'Europe celtique.
entre 700 000 et 300 000 avant J.-C. : Traces
d’occupation saisonnière de la région, pas encore séparée du
continent, par des chasseurs de gros mammifères.
entre 180 000 et 100 000 avant J.-C. : Nouvelles traces
de présence humaine après la glaciation de Riss.
vers 80 000 avant J.-C. : Traces d’homo sapiens avec
l’apparition d’une industrie de type aurignacien (fabrication de
pointes de flèches, transformation d’os et de bois de cerfs en
outils).
vers 13 000 avant J.-C. : Après la glaciation de Würm,
premières traces d’une présence humaine continue.
vers 8000 avant J.-C. : La fonte des glaces consécutive
au réchauffement et la montée des eaux qui en découle aboutit à
faire de la Grande-Bretagne une île.
entre 8000 et 5500 avant J.-C. : Trace des premiers
établissements humains permanents.
vers 4000 avant J.-C. : Apparition des long barrows,
tombes collectives en forme de tumulus allongé. Sans doute vers la
même époque, apparition des premiers henges, cercles de
pierres levées entourés d’une circonvallation, comme Avebury ou
le premier Stonehenge.
vers 2100 avant J.-C. : Début de l’âge du bronze.
Arrivée des beaker people, que l’on ne connaît que par les
pichets (beakers) campaniformes retrouvés dans leurs tombes,
tumuli de forme ronde. Premières traces d’agriculture et
d’élevage. Mise en exploitation de mines.
entre 1400 et 800 avant J.-C. : La silhouette de cheval
d’Uffington est tracée à flanc de colline en ôtant l’humus
pour découvrir la craie sous-jacente.
vers 1000 avant J.-C. : Premières fermes et premières
voies de circulation.
vers 750 avant J.-C. : Arrivée progressive des Celtes en
provenance d’Europe centrale. Ils introduisent le travail du fer,
le tissage, l’attelage et la roue.
vers 500 avant J.-C. : Construction de forts au sommet de
collines. Ils constitueront des points de résistance à l’invasion
romaine.
vers 250 avant J.-C. : Arrivée de tribus gauloises
(Belgae, Atrobates et autres). Elles introduisent la religion
druidique. L’île attire l’attention des Romains par ses
exportations de métaux (étain, argent, fer), de chevaux et de
laine.
La domination romaine (54 av. J.-C. - 411 ap. J.-C.)
Les populations gauloises installées outre-Manche vont devoir compter, à partir du premier siècle de notre ère, avec l'expansion romaine. Réalisée en un siècle, de Claude aux Flaviens, la conquête trouvera ses limites au contact des Calédoniens, farouches ancêtres des Ecossais, et le mur d'Hadrien marquera, sur le terrain, la frontière entre l'Empire et le Nord demeuré barbare. La Bretagne va bénéficier pendant trois siècles des bienfaits de la pax romana qui lui assure une remarquable prospérité, mais elle ne peut échapper, au début du Ve siècle, à l'irruption de populations germaniques, les Angles et les Saxons.
étés 55 et 54 avant J.-C. : Jules César tire argument
d’une demande d’arbitrage entre tribus pour débarquer à
Douvres. Il ne fera, en Angleterre, que deux incursions, sans conquête.
43 après J.-C. : Débarquement des troupes de l’empereur
Claude et conquête d’un territoire couvrant en gros le bassin de
Londres. Devenu province appelée Britannia, il bénéficie aussitôt de la construction de voies dallées facilitant la circulation des
troupes et des marchandises.
49 : L’emporium de Londinium (Londres), nœud de
routes convergeant vers le dernier gué sur la Tamise avant la mer,
est choisi comme capitale de la province.
60-61 : Révolte de Boudicca, reine des Iceni,
tribu du Nord-Est de Londres, contre les exactions romaines. La
rébellion gagne toute la vallée de la Tamise. 60 000 Romains sont
massacrés et les villes brûlées. La répression est sauvage et la
conquête reprend.
70 : Toute l’Angleterre est conquise. Le général
Agricola entreprend de construire des routes, de fortifier les villes
et d’y installer des garnisons. En plus de trois siècles, la pax
romana ne sera troublée que dans le Nord par les raids des
Pictes descendus de l’actuelle Ecosse.
120-122 : Construction du mur d’Hadrien, dont
l’empereur lui-même vient en 122 voir l’état d’achèvement.
Il a pour but de contenir les incursions des Pictes et s’étend de
l’embouchure de la Tyne au Solway Firth, dans la partie la plus
étroite de l’île.
139-143 : Le successeur d’Hadrien, Antonin le Pieux,
repousse la frontière plus au nord et fait construire un mur de
terre qui sera enfoncé avant la fin du siècle.
194 : Profitant de la vacance du pouvoir à la suite de
l’assassinat de Commode et de la succession rapide sur le trône de
plusieurs empereurs en quelques mois, le gouverneur de la province se
proclame empereur. La sécession dure quatre ans, avant que Septime
Sévère vienne mater la rébellion. On repère des traces de petites
communautés chrétiennes.
254 : Albanus, premier martyr chrétien, est décapité à
Verulamium, qui prendra ensuite le nom de Saint-Albans, tandis
que Julius et Aaronius sont peu après martyrisés à Caerleon.
On signale les premiers pirates saxons en mer du Nord et dans la Manche.
297 : Réforme de Dioclétien : deux augustes, l’un pour
l’Occident et l’autre pour l’Orient, tous deux assistés d’un
césar appelé à leur succéder. Division de la province en
quatre diocèses, mais Londres reste la capitale générale.
306 : L’empereur Constance Chlore, césar de
l’Ouest, meurt à Eboracum (York). Son fils Constantin est
proclamé sur place empereur par ses troupes.
313 : Constantin promulgue l’édit de Milan, qui fait
du christianisme une religion licite.
entre 343 et 369 : Nouvelles invasions du Nord par des
tribus de Pictes et de Scots.
410-411 : Après le franchissement du limes dans
la nuit du 31 décembre 406 par les Barbares, l’empereur Honorius
rappelle les troupes pour défendre l’Italie et invite les
populations locales à se défendre par elles-mêmes. De nombreux
vétérans chargés de leur famille restent sur place. Certains prennent
la tête des communautés existantes. Dans le Nord en particulier,
les communautés chrétiennes autochtones s’organisent autour de
monastères. La population de l’Angleterre est alors le double de
ce qu’elle sera au moment de l’invasion normande en 1066.
L'âge des invasions (411-1485)
Le Haut Moyen Age anglais voit le refoulement des Celtes par les envahisseurs anglo-saxons. L'élément celtique se maintient dans le pays de Galles et en Cornouaille alors que de nombreux Bretons prennent la mer pour aller chercher refuge en Armorique. La période voit également les missionnaires envoyés par le pape Grégoire le Grand convertir au christianisme les royaumes anglo-saxons. Demeurés à l'extérieur de l'espace carolingien et organisés un temps en une heptarchie, ils poursuivent à l'écart du continent leur propre développement, bientôt remis en cause par les invasions scandinaves.
vers 450 : Arrivée par vagues de tribus d’Angles (qui
donneront leur nom au pays), de Jutes et de Saxons, en provenance de
Basse Saxe, du Jutland et de la Frise. Ils imposent bientôt leur
langue, leur religion, leur droit et leur pratique de gouvernement
sous l’égide d’un conseil de sages, le Witanegemot. Les
massacres font refluer une partie de la population indigène vers les
confins ouest du territoire : pays de Galles et Cornouaille, et
vers l’Armorique.
470-495 : Les Jutes s’établissent dans le Kent, les
Angles dans l’Est, les Midlands et la Northumbrie, tandis que les
Saxons investissent, comme la toponymie l’atteste, l’Essex, le
Wessex et le Sussex.
début du VIe siècle : Les
établissements anglo-saxons sont devenus sept royaumes : Kent,
Wessex, Sussex, Essex, Anglia, Mercie et Northumbrie, d’où le nom
d’« Heptarchie saxonne » donné à l’époque
qui suit. Ces royaumes se combattent, mais nouent aussi des alliances
dynastiques qui favoriseront ultérieurement les absorptions et
regroupements.
597 : Envoyé par le pape Grégoire le Grand à
Canterbury auprès du roi de Kent, le futur saint Augustin de Cantorbéry
le convertit et lance une nouvelle évangélisation de l’Angleterre.
L’église qu’il fonde est organisée selon un schéma « romain »
d’autorité pyramidale tandis que celle qui subsiste dans le Nord
et les territoires « celtes », bientôt revivifiée par
des missions venues d’Irlande, s’organise en communautés laïques
autour de monastères.
617-685 : L’influence dominante en Angleterre est celle
du royaume de Northumbrie.
627 : Edwin, roi de Northumbrie, se convertit au
christianisme, imité bientôt par d’autres. En 660, seul le Sussex
n’est pas chrétien.
645 : Fondation par des moines irlandais du monastère de
Lindisfarne en Northumbrie, sur la côte de la mer du Nord.
664 : Le synode de Whitby fait adopter par toutes les
églises le rite romain et le comput latin de la date de Pâques.
Afin de ménager les susceptibilités, l’archevêque d’York est
titré « primat d’Angleterre » et celui de Cantorbéry
« primat de toute l’Angleterre ».
fin du VIIe siècle : Premiers raids des Vikings sur les
côtes anglaises.
730-821 : La Mercie succède à la Northumbrie comme
royaume dominant. Le roi Offa construit un mur de terre doublé d’un
fossé pour empêcher les incursions galloises. Ce mur délimite
encore à peu près la frontière entre le pays de Galles et
l’Angleterre.
731 : Saint Bede, moine de l’abbaye de Jarrow en
Northumbrie, termine son Histoire ecclésiastique du peuple
anglais, premier livre d’histoire « anglaise » en
ce qu’il met en valeur l’unité du pays à travers ses
différentes composantes.
793 : Pillage du monastère de Lindisfarne par les
Vikings.
802 : Avènement du roi du Wessex Egbert, qui réussit en
829 à soumettre les différents royaumes d’Angleterre à sa
suzeraineté, et prend le titre de « roi de tous les Anglais ».
838 : Victoire d’Egbert sur les envahisseurs danois.
851 : Aethelwulf, fils et successeur d’Egbert, repousse
à nouveau les Danois.
867 : La Northumbrie passe aux mains des Danois.
870 : Aethelred Ier, successeur d’Aethelwulf, repousse
l’offensive danoise, mais Edmond, roi d’Anglia, est torturé à
mort par les Danois qui s’emparent de cette partie du pays.
889 : Alfred le Grand, frère et successeur d’Aethelred,
réussit à battre les Danois, mais ne peut empêcher la partition de
fait du pays entre un royaume danois occupant la partie est et une
« Angleterre » réduite à un Wessex qui va jusqu’aux
Midlands.
fin du Xe siècle : Une suite de
règnes désastreux fait passer le royaume sous le joug danois,
symbolisé par le versement annuel d’un tribut, le danegeld.
1016 : A la mort du roi Edward II du Wessex, le
Witenagemot élit roi le Danois Knut, ou Canut, et opère la
fusion des deux royaumes anglais et danois.
1042 : A la mort de Knut II, Edouard, descendant des
rois du Wessex, hérite du trône et prend le nom d’Edouard IV.
Très pieux, il est surnommé « Edouard le Confesseur ».
N’ayant pas d’héritier direct, il promet la couronne à son
gendre, Harold, fils de son « maire du palais », avant de
la promettre à son neveu par alliance, Guillaume-le-Bâtard, duc de
Normandie.
1065 : Le jour de Noël, l’abbaye de Westminster,
qu’Edouard a fait construire sur une île de la Tamise à l’ouest
de la cité de Londres, est consacrée.
6 janvier 1066 : Mort d’Edouard. Le
lendemain, Harold est proclamé roi.
printemps 1066 : Guillaume obtient le soutien du roi de France
et du pape, ainsi que l’alliance de son cousin, roi de Norvège. Il
fait construire une flotte de 600 navires légers de type drakkar en
vue d’un débarquement en Angleterre.
26 septembre 1066 : Les troupes norvégiennes débarquées
dans le Yorkshire sont battues à Stamford Bridge, près d’York.
29 septembre 1066 : Guillaume et ses 7 000 hommes débarquent
dans le Sussex et se retranchent à Hastings tandis que l’armée
d’Harold redescend du Nord à marche forcée.
14 octobre 1066 : Bataille d’Hastings au cours de laquelle
Harold est tué.
25 décembre 1066 : Couronnement de Guillaume à l’abbaye de
Westminster. Un transfert massif des charges et des terres se met en
place au profit des évêques et des barons normands, tandis qu’est
entreprise la construction de forteresses, tour de Londres ou donjon
de Windsor. Le recensement des habitants, des terres et du bétail
s’achèvera en 1086 avec l’élaboration du Domesday Book.
1070 : La conquête est achevée.
1087 : Guillaume II le Roux succède à son père, sur
fond de dissensions avec ses frères.
1100 : A la mort de Guillaume, son frère devient roi
sous le nom d'Henri Ier. La fille de celui-ci, Mathilde,
épouse l’empereur d’Allemagne puis, devenue veuve, Geoffroy
Plantagenêt, comte d’Anjou.
1135 : Mort d’Henri. Le trône passe à Etienne de
Blois, époux de sa sœur Adèle. Mathilde conteste la succession.
1139 : Retour de Mathilde en Angleterre et début de la
guerre civile.
1146 : Etienne met fin à la guerre civile en
reconnaissant Henri Plantagenêt, fils de Mathilde et de Geoffroy
d’Anjou, comme son héritier.
1154 : Mort d’Etienne de Blois. Henri Plantagenêt
devient Henri II d’Angleterre, en même temps qu’il a ajouté à
ses fiefs de Normandie, Maine et Anjou ceux de son épouse Aliénor
d’Aquitaine, épouse répudiée de Louis VII : Poitou, Aquitaine et
Limousin.
1164 : Publication des Constitutions de Clarendon visant à régler les rapports de L’Eglise et de l’Etat. Elles
sont refusées par Thomas Beckett, archevêque de Cantorbéry.
1167 : Fondation de l’université d’Oxford après le
retour en Angleterre d’étudiants anglais de la Sorbonne, du fait
de troubles à Paris.
1168 : Intervention anglaise en Irlande. Une zone de
domination anglaise est établie autour de Dublin, le pale.
1170 : Meurtre de Thomas Beckett dans la cathédrale de
Cantorbéry, pour lequel le roi fera amende honorable. La châsse du
saint devient l’objet d’un pèlerinage qui durera jusqu’à la
dissolution des monastères en 1536.
1189 : Henri II meurt à Chinon. Son fils Richard Ier,
appelé plus tard Richard Cœur-de-Lion, lui succède.
1190 : Départ en croisade de Richard qui institue
régente sa mère, Aliénor d’Aquitaine. Sur la route du retour, il
tombe, peu avant Noël 1192, aux mains du duc d’Autriche qui le
livre ensuite à l’empereur d’Allemagne. Il sera libéré en mars
1194 contre une rançon équivalant à quatre années de PIB de
l’Angleterre d'alors.
1199 : Richard meurt en assiégeant le château de Châlus en
Limousin. Son frère Jean lui succède sous le nom de Jean Ier.
1202 : Philippe-Auguste contraint Jean à lui céder ce
qui restait des territoires Plantagenêt en France. Il s’est aliéné ses
barons par sa couardise et ses exigences financières.
1204 : Mort d’Aliénor d’Aquitaine à Fontevraud.
1209 : Des étudiants en théologie d’Oxford quittent
celle-ci pour aller s’installer à Cambridge, où ils fondent une
nouvelle université.
1215 : Les barons contraignent Jean à signer la Grande
Charte, qui institue un Parlement et impose le respect d’un certain
nombre de libertés individuelles.
1216 : Avènement de son fils, Henri III, dit « le
roi bâtisseur », qui obtient la restitution de divers fiefs
d’Aliénor en échange d’un serment de vassalité à Louis IX (saint Louis) et construit ou reconstruit nombre d’édifices, tels
Westminster Abbey ou la tour de Londres. Sous son règne s’élèvent
la cathédrale de Salisbury ainsi que les premiers collèges d’Oxford
et de Cambridge.
1258-1259 : Une révolte des barons, menée par le comte de
Leicester, Simon de Montfort, oblige le roi à signer les Provisions
d’Oxford, qui confient au Parlement le contrôle des finances
royales.
1265 : Le Parlement réunit pour la première fois des
bourgeois représentants des communes en parallèle aux barons et aux
représentants du haut clergé.
1272-1307 : Règne d’Edouard Ier, surnommé
« le marteau des Ecossais » en raison de sa victoire sur
ceux-ci. Il ramène à l’abbaye de Westminster, pour l’incorporer
dans le trône d’Edouard le Confesseur sur lequel sont couronnés
les souverains anglais, la pierre de Scone qui servait au
couronnement des rois d’Ecosse. Vainqueur des Gallois en 1292, il
annexe la principauté et confère à son fils le titre de prince de
Galles, porté depuis par les héritiers du trône.
1307-1327 : Règne désastreux d’Edouard II, faible et
velléitaire, homosexuel soumis aux caprices de ses favoris. Il est
l’époux d’Isabelle, fille de Philippe le Bel, surnommée « la
louve de France ».
1314 : La défaite de Bannockburn devant une armée
écossaise inférieure en nombre et en armement sonne le glas des
ambitions écossaises héritées d’Edouard Ier, et
déclenche une guerre civile larvée.
1324 : La guerre éclate avec la France à propos des
possessions d’Aquitaine. La reine s’enfuit à Paris avec son fils
et son amant, Roger Mortimer.
1326 : La reine rentre en Angleterre, obtient du
Parlement la déposition de son époux au profit de son fils. Edouard
II est assassiné au château de Berkeley l’année suivante.
1327-1377 : Règne d’Edouard III. Débarrassé bientôt
de Mortimer et de la tutelle de sa mère, il revendique en 1328 la
couronne de France après la mort de ses trois oncles qui se sont
succédé sur le trône des lys. Sa décision, en 1340, de s’arroger
le titre de roi de France déclenche la guerre de Cent Ans. Le
premier grand affrontement a lieu lors de la bataille de Crécy
gagnée sur Philippe VI de Valois en 1346, et se poursuit par la prise
de Calais qui restera anglaise pendant deux siècles et demi.
1346 : Création de l’Ordre de la Jarretière.
1348-1349 : L’épidémie de peste noire qui balaie
l’Europe fauche la moitié de la population anglaise et provoque la
hausse du prix du travail par manque de main d’œuvre.
1351 : Le statut des Paysans, édicté afin de
remédier aux problèmes sociaux engendrés par la peste noire,
déclenche des mouvements de mécontentement, attisés par les
lollards, zélateurs du réformateur religieux Wycliffe.
1356 : Bataille de Poitiers. Le roi de France Jean le Bon
(Jean II) est fait prisonnier. Edouard III exige une rançon de 3
millions d’écus.
1360 : La paix de Brétigny rend au roi de France sa
liberté et au roi d’Angleterre l’Aquitaine et le Poitou.
1377-1399 : Règne de Richard II, fils du prince de
Galles surnommé « le Prince noir », décédé un an avant son
père Edouard III. Il se rend impopulaire par la création d’une capitation
(poll tax) destinée à financer la défense des possessions
françaises, par un style de gouvernement autocratique et une
politique étrangère favorable à un accommodement avec le roi de
France.
1381 : Répression de la révolte des paysans du Kent
qui, emmenés par Wat Tyler, ravagent le Sud du pays et ont envahi
Londres.
1399 : Déposition de Richard II, qui n’a pas d’enfant,
par son cousin Henry Bolingbroke, fils du duc de Lancastre, troisième fils d’Edouard III, au détriment de l’héritier désigné, qui
descend du duc d’York, deuxième fils du roi. C’est l’origine
de la guerre des Deux Roses. Richard meurt en prison,
vraisemblablement assassiné, l’année suivante.
1399-1413 : Règne d’Henry IV, nom qu’a pris
Bolingbroke. L’usurpation passe mal et le roi doit faire face à
plusieurs rébellions de grands féodaux, ainsi qu’à l’agitation
persistante des lollards, mais parvient à asseoir son pouvoir.
1413-1422 : Règne d’Henry V, fils du précédent, l’un
des plus courts, mais des plus glorieux de l’histoire d’Angleterre.
1415 : Henry reprend l’offensive contre le roi de
France Charles VI et remporte la victoire d’Azincourt.
1420 : Henry, qui a épousé Catherine de Valois, fille
de Charles VI, devient, par le traité de Troyes, héritier de la
couronne de France au détriment du dauphin Charles.
1422 : Henry V meurt de dysenterie à Vincennes quelques
semaines avant Charles VI. Il laisse pour héritier des couronnes de
France et d’Angleterre un bébé de quelques mois, Henry VI.
1422-1461 et 1470-1471 : Règne d’Henry VI. Catherine de
Valois est écartée de la régence par les frères du roi défunt,
les ducs de Gloucester et de Lancastre. Elle se remarie avec un
gentilhomme gallois, Owen Tudor. Le jeune roi, qui a hérité de la
schizophrénie de Charles VI, donne vite des signes d’absences
mentales. Autour de lui, les factions se déchirent et le duc d’York
revendique la régence.
1445 : Le roi épouse Marguerite d’Anjou, fille du roi
René et femme à forte personnalité, qui exerce une régence de
fait, surtout après la naissance d’un héritier, le prince
Edouard. Les clauses secrètes du traité de mariage (renonciation à
toute dot, cession du Maine et de l’Anjou) suscitent, lorsqu'elles
sont connues, une vague d’indignation exploitée par les Yorkistes.
Les défaites françaises ramènent par ailleurs au pays des bandes
de soldats dont la solde n’a pas été payée et qui se livrent en
bandes à des exactions.
1450 : Révolte paysanne de John Cade, dont les rangs
sont grossis de soldats en attente de leur solde.
1453 : La bataille de Castillon, qui met un terme à la
guerre de Cent Ans, a pour conséquence la prise de Bordeaux. Le roi
sombre dans la prostration. Par un coup d’Etat, le duc d’York se
fait nommer Lord Protecteur.
1454 : Le roi retrouve ses sens à la veille de Noël et
la reine exige en conséquence qu’il retrouve ses prérogatives.
1455 : La bataille de Saint Albans, qui oppose le clan royal
des Lancastre, dont l’emblème est une rose rouge, au clan York,
qui arbore une rose blanche, ouvre la guerre des Deux Roses. Les
troupes royales sont défaites.
1460 : Un nouvel affrontement à Northampton voit la
capture du roi. L’acte d’Accord laisse la couronne à
Henry VI, mais écarte de la succession le prince Edouard au profit
du duc d’York, ce que ne peut accepter la reine Marguerite. A la
fin de l’année, la bataille de Wakefield redonne l’avantage au
parti royal des Lancastre.
1461 : A la suite d’une nouvelle victoire royaliste de
la seconde bataille de Saint Albans en février, le roi est libéré.
Mais la bataille de Towton en avril renverse la situation. Avec la
famille royale en fuite, Edouard d’York, nouveau chef de la Rose
blanche, se fait reconnaître comme roi par le Parlement et prend le
nom d’Edouard IV.
1465 : Henry VI est capturé et enfermé à la tour de
Londres.
1470 : Le puissant comte de Warwick, jusque-là soutien
d’Edouard IV, s’estime floué par lui et s’allie à Marguerite. Edouard prend la fuite et Henry VI est
rétabli sur le trône.
1471 : Les victoires yorkistes de Barnet et celle de
Tewksbury, au cours de laquelle périssent Warwick et le fils d’Henry, tandis que les troupes de Marguerite sont en déroute, assurent
définitivement la position d’Edouard IV. Henry VI est assassiné
peu après dans son oratoire à la tour de Londres.
1476 : William Caxton installe dans une dépendance de
l’abbaye de Westminster la première presse à imprimer
d’Angleterre.
1483 : Mort d’Edouard IV qui laisse deux fils, les
« enfants d’Edouard », dont le prince de Galles,
proclamé roi sous le nom d’Edouard V. Leur oncle et protecteur,
le duc de Gloucester, les installe à la Tour « pour leur
protection ». La révélation d’un premier mariage secret
d’Edouard IV lui permet de déclarer ses neveux « bâtards »
et de prendre la couronne sous le nom de Richard III.
1483-1485 : Règne de Richard III qui s’aliène vite
le parti yorkiste, tandis que les Lancastriens se regroupent autour
d’Henry Tudor, duc de Richmond.
1485 : Richard III est vaincu et tué à la bataille de
Bosworth. La couronne est offerte à Henry Tudor, descendant de
Catherine de Valois. Il prend le nom d’Henry VII, épouse Elisabeth
d’York, fille d’Edouard IV, et prend pour emblème la rose
Tudor, rose double, rouge au cœur blanc, qui symbolise la
réconciliation entre Lancastriens et Yorkistes. La guerre des Deux
Roses est terminée.
Le siècle des Tudor (1485-1603)
A peine sortie de la guerre des Deux-Roses, l'Angleterre de la dynastie Tudor engage une montée en puissance régulière, fondée sur une force navale en constant développement et sur le dynamisme de l'économie et du commerce maritime. Le XVIe siècle la voit rejoindre, à travers l'établissement de l'Eglise anglicane, le camp de la Réforme. Confrontée à l'Espagne de Philippe II, elle l'emporte sous Elizabeth Ière avec l'échec de l'Invincible Armada. Tout au long de la période, on l'a vue s'engager dans des entreprises maritimes (en direction du Nouveau Monde ou des mers du Nord) qui se révéleront porteuses d'avenir. Elle connaît, avec l'époque élisabéthaine, un premier apogée culturel.
1485-1509 : Règne d’Henry VII qui s’emploie à
développer l’industrie et le commerce, favorise l’expansion
maritime et laisse à sa mort un royaume prospère et pacifié. Une
politique matrimoniale utilisant ses enfants vise à l’unification
de l’île et à faire entrer l’Angleterre dans le concert
européen.
1494 : L’Angleterre impose sa domination à l’Irlande.
1497 : Cinq ans après la découverte de l’Amérique,
John Cabot, qui cherche le passage du Nord-Ouest vers l’Asie,
atteint le premier Terre-Neuve et Le Labrador.
John Colet, soutenu par Thomas More et Erasme, dénonce la
corruption du clergé.
1501 : Henry marie le jeune prince héritier Arthur avec
Catherine d’Aragon, fille du roi Ferdinand d’Aragon. Le
prince meurt peu après. Son frère Henry, âgé de 10 ans, devient
l’héritier présomptif.
1503 : Henry marie sa fille Margaret au roi d’Ecosse
Jacques IV.
1509-1547 : Règne d’Henry VIII, débutant sous les
meilleurs auspices. Mais le prince idéal, intelligent, cultivé et
sportif du début deviendra un tyran ventripotent et sanguinaire, non
sans avoir posé les bases de l’Angleterre moderne.
1509 : Avènement d’Henry VIII, âgé de 18 ans, qui
épouse peu après Catherine d’Aragon, veuve nominale de son frère
et âgée de 24 ans, grâce à une dispense du pape (le droit canon
interdisant d’épouser la femme de son frère).
1511 : Henri rejoint la Sainte-Alliance contre la France.
1513 : Victoire sur les Français. Le traité de paix
donne la main de la jeune Mary, sœur du roi, à Louis XII, veuf
d’Anne de Bretagne.
1516 : Naissance, après une série de fausses couches,
du premier enfant du couple royal. C’est une fille, Mary (future
« Marie Tudor »).
Publication de l’Utopie de Thomas More.
1519 : A la mort de l’empereur d’Allemagne, Henry,
comme François Ier, se porte candidat. Ils échouent tous
deux et la couronne va à Charles Quint. S’ensuit un rapprochement
franco-anglais matérialisé par l’entrevue du camp du Drap d’Or,
mais elle se solde par un échec.
1520 : Henry publie une réfutation des thèses de Luther
publiées en 1517, qui lui vaut du pape, l’année suivante, le
titre de Fidei Defensor (Défenseur de la Foi).
1527 : Faute d’héritier mâle après 18 ans de
mariage, Henry, qui a rencontré Anne Boleyn, envoie le cardinal
Wolsey sonder le pape sur un éventuel divorce. Mais les troupes de
Charles Quint, neveu de Catherine, occupent Rome, et le pape tente de
gagner du temps.
1529 : Disgrâce de Wolsey, qui meurt l’année
suivante. Thomas More le remplace au poste de chancelier.
1532 : Démission de Thomas More. Son secrétaire, Thomas
Cromwell, luthérien, devient conseiller du roi et suggère un
recours aux juristes des universités européennes sur la question du
divorce. Le roi répudie Catherine.
1533 : Henry épouse Anne Boleyn. Une fille, Elisabeth,
naît cinq mois plus tard. Le roi est excommunié.
1534-1536 : Rupture progressive avec Rome. Le Parlement
décide l’élection des évêques, l’abrogation des annates (taxe
annuelle sur les revenus de l’Eglise en Angleterre versée au
pape) et l’acte de Suprématie transfère au roi l’autorité
suprême en matière de discipline et de dogme, jusque-là dévolue au
pape. Ceci fonde une Eglise d’Angleterre soumise au roi. La
décision de dissolution des monastères est mise en application au
début de 1536 et dure jusqu’en 1539. Les terres des abbayes
reviennent au trésor royal, ce qui donne lieu à une redistribution
des terres au profit de la noblesse et des classes moyennes
enrichies. Les châsses et objets sacerdotaux sont fondus et les
reliques dispersées.
1535 : Thomas More et l’archevêque Fisher sont
exécutés pour avoir refusé l’acte de Suprématie.
1536 : Cromwell, lié au clan Seymour, persuade Henry de
l’infidélité d’Anne Boleyn. La reine est arrêtée et
décapitée. Le roi épouse Jane Seymour.
1536 et 1543 : Actes d’Union qui unissent
le pays de Galles à l’Angleterre sur le plan administratif et
légal.
1537 : Naissance d’un héritier mâle, futur Edouard
VI, mais mort de Jane Seymour des suites de couches.
1539 : Malgré l’avis de Cromwell, le roi fait voter
les Six Articles, qui prévoient la peine de mort pour toute
dissension sur le dogme, mais réaffirment les pratiques catholiques
pour l’exercice du culte.
1540 : Cromwell, qui a rénové l’administration royale
et la collecte des impôts, négocie le mariage du roi avec Anne de
Clèves en vue d’un rapprochement avec l’Allemagne protestante.
La répulsion d’Henry envers « la jument des Flandres »
est immédiate. Disgrâce et exécution de Cromwell dès que le
divorce est prononcé.
Henry épouse Catherine Howard. Convaincue d’adultère, elle est
exécutée en 1542.
1541 : Henry VIII prend le titre de roi d’Irlande.
1543 : Henry, dont la santé est très altérée, épouse
une veuve, Catherine Parr, qui le persuade d’accueillir à la cour
ses deux filles, Marie et Elisabeth, et lui fait préparer sa
succession.
1547 : Mort d’Henry VIII. Son fils Edouard VI lui
succède. Il n’a que 9 ans. Son oncle, Lord Seymour, calviniste,
est nommé Lord Protecteur. Le culte des images et des saints est
prohibé, vitraux et statues sont détruits ; le mariage des
prêtres est autorisé et la lecture de l’Evangile en anglais
imposée.
1549 : Le premier Book of Common Prayer unifie le
rituel.
1552 : Une intrigue de palais écarte Seymour du pouvoir
au profit de Lord Dudley, calviniste farouche, qui impose un second
Book of Common Prayer plus rigoriste et fait abolir les Six
Articles.
1553 : Edouard VI meurt de tuberculose. Sa sœur Marie,
fille de Catherine d’Aragon, lui succède et entreprend de ramener
l’Eglise d’Angleterre dans le giron de Rome.
1554 : Marie épouse Philippe II d’Espagne dans la
cathédrale de Winchester.
1555-1558 : Série de persécutions religieuses. 283 « hérétiques » sont brûlés parmi lesquels les
évêques Latimer et Ridley à Oxford en 1555 et l’archevêque
Cranmer en 1556.
1558 : Philippe II entraîne l’Angleterre dans une
guerre avec la France qui se solde par la perte de Calais. Marie
meurt sans enfant. Sa sœur Elisabeth, fille d’Anne Boleyn, lui
succède.
1558-1603 : Règne d’Elisabeth Ière.
1559 : Rétablissement de la Réforme, avec le vote d’un
acte de Suprématie et d’un acte d’Uniformité.
1564 : Naissance de William Shakespeare.
1565 : Sir Thomas Gresham fonde le Stock Exchange.
1566 : Répression féroce du soulèvement irlandais, qui
durera jusque vers la fin du règne.
1568 : Déchue du trône d’Ecosse, Marie Stuart,
cousine germaine catholique et héritière présomptive d’Elisabeth,
se réfugie en Angleterre. Elle est aussitôt retenue captive.
1569 : Soulèvement des catholiques anglais en faveur de
Marie Stuart, suivi d’une répression sanglante. Elisabeth est
excommuniée. La rupture avec Rome est consommée.
1577-1580 : Francis Drake accomplit le tour du monde à
bord du Golden Hind.
1584 : Sir Walter Raleigh longe les côtes américaines
pour tenter d’y fonder une colonie.
1586 : Elisabeth fait alliance avec les Provinces-Unies.
1587 : Marie Stuart, compromise dans le complot de trop,
est jugée et exécutée. Le nouvel héritier de la couronne
d’Angleterre est son fils, Jacques VI d’Ecosse, protestant
convaincu
1588 : Défaite de l’Invincible Armada, envoyée par
Philippe II en expédition punitive contre l’Angleterre. Les
navires qui ne sont pas dispersés et coulés par la tempête sont
pourchassés par la flotte de Sir Francis Drake.
Cette victoire ouvre un âge d’or, économiquement et
culturellement, avec la floraison du « théâtre élisabéthain »
tandis que sont plantés les premiers jalons d’un empire colonial.
Le bouleversement de l’ordre social au détriment des classes
populaires urbaines et des petits propriétaires terriens voit naître
une nouvelle catégorie de protestants indépendants qui rejettent
l’Eglise officielle et seront bientôt appelés « puritains ».
Ils subissent la répression et formeront bientôt les premiers
groupes d’émigrants pour raison de dissidence religieuse.
1595 : Envoi de troupes en Irlande sous la direction du
comte d’Essex. Rentré en Angleterre en 1599 sans en avoir reçu
l’ordre, il tombe en disgrâce. Il fomente alors une conjuration
qui échoue et est exécuté en 1601.
1600 : Prenant la suite des compagnies de Merchant
adventurers, l’East India Company est fondée, marquant
le début de l’intérêt de l’Angleterre pour l’Inde.
1603 : Mort d’Elisabeth. Son héritier, Jacques VI
d’Ecosse, devient Jacques Ier d’Angleterre.
La dynastie des Stuart et le siècle des révolutions (1603-1714)
Le XVIIe siècle anglais voit la dynastie des Stuart échouer dans sa tentative d'instaurer une monarchie absolue analogue à celle qui va triompher dans le même temps en France. Confronté à la révolution inspirée par l'opposition parlementaire, vaincu dans la guerre civile qui suit, Charles Ier est décapité et Olivier Cromwell peut installer une république puritaine qui ne lui survit pas longtemps. La restauration des Stuart reste sans lendemain dans la mesure où la « Glorieuse Révolution » de 1688 installe la monarchie parlementaire. Confrontée aux troubles politiques intérieurs, l'Angleterre n'en continue pas moins à poser les jalons de sa montée en puissance, contre la France de Louis XIV ou en s'installant aux Antilles, aux Indes et en Amérique du Nord.
1603-1625 : Règne de Jacques Ier. Il est
convaincu de son droit divin et doit faire face à la double
hostilité des catholiques et des puritains. Le Parlement lui
reproche de se laisser dominer par son favori Georges Villiers qu’il
fait duc de Buckingham. C’est lui
qui introduit en Irlande, où la répression continue, le régime des
plantations, qui installe, notamment en Ulster, des
protestants écossais sur des terres confisquées à des
propriétaires catholiques, un problème dont les conséquences durent encore au XXIe siècle.
5 novembre 1605 : La conspiration des
Poudres est éventée in extremis. Sous la direction de Guy
Fawkes, elle visait à faire sauter le Parlement le jour de son
inauguration annuelle.
1607 : Première installation de colons en terre
américaine, à Jamestown en Virginie, décimée en moins d’un an
par la maladie et les Indiens.
1611 : Publication de la « Bible du roi Jacques »,
aussi appelée Authorised Version, commandée par le roi pour
trouver un compromis entre l’Eglise d’Angleterre et les
protestants indépendants.
1620 : Départ pour l’Amérique, à bord du Mayflower,
des dissidents religieux connus par l’Histoire sous le nom de
« Pères Pèlerins ».
1625-1649 : Règne de Charles Ier. Il se
heurte au Parlement en raison de ses besoins d’argent et des
sympathies catholiques dont on le soupçonne à cause de son mariage
avec la catholique Henriette-Marie, sœur de Louis XIII.
1628 : Charles est contraint de ratifier la Petition
of Rights, rappel solennel des droits du Parlement. Son favori,
le duc de Buckingham, est assassiné par le puritain Felton.
1629 : Le roi fait arrêter neuf membres du Parlement et
cesse de convoquer celui-ci.
mai 1640 : Le Parlement est convoqué de
nouveau mais refuse de voter les subsides demandés pour combattre la
rébellion écossaise. Révoqué au bout de trois semaines, il est
resté dans l’Histoire comme le Short Parliament.
novembre 1640 : Un nouveau Parlement est convoqué, qui vote
l’acte de Triennalité visant à une convocation régulière
du Parlement, mais siégera jusqu’en 1653 et sera appelé le Long
Parliament. Il fait condamner le ministre Strafford et
l’archevêque Laud qui sera exécuté en 1645.
1641 : Le Parlement vote la Grande Remontrance,
qui exige le contrôle du gouvernement et de l’Eglise. Charles
refuse et tente sans succès de faire arrêter le leader de
l’opposition.
1642 : Recevant du Parlement dix-neuf propositions visant à
limiter ses pouvoirs, le roi s’y rend pour exiger l’arrestation
des cinq rédacteurs. Devant le refus du Speaker, le roi quitte
Londres et la guerre civile éclate.
1644 : Victoire à Marston Moor, sur l’armée royale, des
troupes du Parlement menées par Oliver Cromwell.
1645 : La New Model Army, forgée par Cromwell à
la demande du Parlement, remporte une victoire décisive à Naseby
1646 : Vaincu de nouveau à Newark, Charles se rend aux
Ecossais qui le livrent au Parlement.
1648 : 143 parlementaires favorables au roi sont exclus
du Parlement.
1649 : Ce Rump Parliament (« parlement
croupion ») juge le roi et vote sa mort. La République, ou
Commonwealth, est proclamée. Charles Ier est exécuté.
Cromwell lance une campagne de répression sauvage en Irlande et
procède à de nouvelles plantations. Il s’occupe ensuite de
mater l’Ecosse qui a reconnu Charles II comme son roi.
1651 : Guerre avec les Pays-Bas en raison du vote d’un
acte de Navigation qui réserve aux navires anglais les
importations de produits étrangers.
1653 : Cromwell est nommé Lord Protecteur.
1657 : Nouvelle épuration du Parlement. Fin de la guerre
avec les Pays-Bas.
1658 : Mort de Cromwell. Son fils Richard lui succède.
1659 : Richard Cromwell, qui a perdu le soutien de
l’armée, démissionne. Le général Monck le remplace et entre en
pourparlers avec Charles II.
1660 : Déclaration de Breda : Charles II
accepte l’autorité du Parlement et promet la tolérance
religieuse. Il rentre à Londres triomphalement.
1660-1685 : Règne de Charles II, « the Merry
Monarch ». Malgré son habileté politique, il doit composer
avec le Parlement hostile à l’alliance avec la France contre la
Hollande.
1665-1666 : La Grande Peste tue 80 000 Londoniens.
1666 : Le grand incendie de Londres détruit la ville à 80 pour cent.
La reconstruction durera dix ans, pendant lesquels les habitants
vivront sous des tentes ou dans des baraques en planches.
1672 : Le roi est contraint (Pourquoi ?) de retirer la Declaration
of Indulgence, votée en 1662 par le « Parlement Cavalier »
en faveur des catholiques et des dissidents religieux.
1673 : Le Test Act exclut catholiques et
dissidents des fonctions publiques. Est visé le duc d’York, frère
et héritier du roi, qui est catholique. Face au parti whig,
partisan de la limitation des pouvoirs royaux, le roi s’appuie sur
les tories, favorables à la prérogative royale, et renonce à
convoquer le Parlement.
1679 : Vote de l’Habeas Corpus Act qui garantit
l’individu contre toute arrestation arbitraire.
1685-1688 : Règne de Jacques II, frère de Charles II.
Catholique et père de deux filles, dont Marie, mariée à Guillaume
d’Orange, il épouse en secondes noces une princesse catholique,
Marie de Modène. Plusieurs rébellions éclatent, dont celle du duc
de Monmouth, bâtard de Charles II. La répression fait quelques
centaines de morts.
1688-1689 : « Glorieuse Révolution ».
1688 : La naissance d’un fils dans le couple royal fait
craindre au Parlement dominé par les whigs l’instauration
d’une lignée catholique. Il fait appel à Guillaume d’Orange qui débarque avec des troupes. Jacques II s’enfuit en France.
1689 : Le Parlement fait accepter par Marie et
Guillaume la Declaration of Rights qui limite la prérogative
royale et garantit les droits du Parlement, moyennant quoi il les
reconnaît conjointement comme Guillaume III et Mary II. Le couple
n’aura pas d’enfant.
1690 : Les troupes de Guillaume III (les Orangistes)
battent à la bataille de la Boyne celles de Jacques II (ou
Jacobites). La victoire entraîne de nouvelles implantations en
Irlande du Nord.
1694 : Mort de la reine Mary, très populaire. William
Paterson fonde la Banque d’Angleterre.
1698 : Création du Board of Trade, ministère du
Commerce avant la lettre, pour réguler la politique commerciale et
les intérêts coloniaux.
1701 : La princesse héritière Anne, sœur de Mary, qui
a multiplié les fausses couches, perd son dernier enfant. Se pose
alors la question de la future succession. Le Parlement vote l’Act
of Succession qui écarte les catholiques du trône et désigne
comme héritière Sophie, protestante, sœur de Charles II et de Jacques II,
épouse de l’électeur de Hanovre.
1701-1713 : Guerre de Succession d’Espagne. A la tête
des troupes anglaises, Marlborough s’en va-t-en guerre et bat les
Français à Ramillies, Blenheim et Audenarde.
1702 : Mort de Guillaume III d’une chute de cheval. Sa
belle-sœur lui succède sous le nom d’Anne Ière.
1707 : L’Acte d’Union, voté par les Parlements de Westminster et d’Edimbourg, réunit les deux nations en un seul
royaume de Grande-Bretagne. Le Parlement d’Edimbourg est supprimé.
A partir de ce moment, il est difficile, pour tout ce qui relève du
domaine politique ou législatif, de distinguer les événements
concernant la seule Angleterre.
1709 : Abraham Darby remplace la production de fonte au
bois par une production de fonte au charbon, posant les prémices de
la révolution industrielle.
1713 : Lors des négociations du traité d’Utrecht, le
Royaume-Uni se pose en arbitre de l’Europe et reçoit, entre autres, Gibraltar et Minorque.
1714 : Mort d’Anne. Sophie de Hanovre étant morte,
c’est son fils, l’Electeur George, qui devient roi sous le nom
de George Ier. Il ne parle pas anglais.
La dynastie des Hanovre (1714-1837)
L’Angleterre dont George de Hanovre devient roi est sortie
transformée des turbulences du siècle précédent. La Glorieuse
Révolution a accouché d’une monarchie constitutionnelle où « le
roi règne, mais ne gouverne pas », ébauche de démocratie
parlementaire. Cela vaut au royaume la réputation d’un pays de
liberté, les écrits de ses penseurs politiques, d’Hobbes à
Locke, ayant un retentissement considérable sur le mouvement
européen des idées.
Le pouvoir est passé aux mains de grands propriétaires fonciers qui achèvent à leur profit le mouvement des enclosures, dont
l’accélération est rapide après 1760. La paysannerie commence à
émigrer vers les villes qui grossissent à vue d’œil à la fin
du siècle, ou bien vers les colonies. Le commerce enrichit les
villes portuaires, ainsi que Londres où sont nées les premières
compagnies d’assurance et où fleurissent les premiers cafés
servant de bourses aux matières premières du monde entier.
L’Angleterre transformée en Royaume-Uni est désormais une des
principales puissances européennes, à la tête d’un empire
colonial naissant qui ne va faire que croître au cours du siècle.
Les colonies américaines comptent déjà plus de 500 000 habitants
d’origine britannique.
1714 : George Ier, ne parlant qu’allemand, n’assiste
pas au conseil des Ministres et laisse la place au premier d’entre
eux, Robert Walpole, First Lord of the Treasury.
1720 : La spéculation autour des valeurs boursières
liées à l’exploitation coloniale aboutit au scandale du South
Sea Bubble, bulle financière qui crève la même année que
s’effondre en France le système de Law.
1721 : Robert Walpole est dorénavant appelé Prime
Minister.
1727 : Avènement de George II, fils de George Ier.
Il entend reprendre la place du roi au Conseil, mais ses ministres
whigs ne le lui permettent pas.
1730 : Le vicomte Townshend lance la révolution agricole
en expérimentant sur ses terres du Norfolk l’assolement
quadriennal et en améliorant les rendements de céréales par
l’alternance de trèfle et de panais.
1731 : Jethro Tull invente la charrue tirée par un
cheval et le premier semoir à trois rangs. Les besoins de main-d‘œuvre agricole vont diminuer au moment où la population croît.
Ceci débouchera sur un dépeuplement des campagnes au profit de la
ville et des colonies.
1733 : John Kay invente la navette volante, ouvrant la
voie à la mécanisation du tissage.
1742 : Chute de Walpole.
1745 : A la tête des troupes anglaises, le duc de
Cumberland (« boucher de Culloden ») réprime sévèrement, en Ecosse, la rébellion jacobite menée par Charles-Edouard Stuart
(« Bonnie Prince Charlie »), petit-fils de Jacques II.
1751 : Mort du prince héritier Frédéric d’une balle
de cricket reçue en pleine tête.
1752 : James Budley met au point une machine à vapeur
permettant de pomper l’eau dans les puits de mine.
1755 : Bakewell introduit de nouvelles méthodes de
sélection qui lui permettent d’améliorer la qualité du bétail,
moutons d’abord, bovins ensuite.
1756-1763 : Guerre de Sept Ans. Victoires sur les
Français en Inde et au Canada. Le traité de Paris consacre
l’acquisition de ces territoires ainsi que d’autres pris à
l’Espagne. Les colonies américaines vont souhaiter monnayer leur
soutien pendant le conflit contre une représentation politique et
des avantages économiques et fiscaux, ce que refusera le
gouvernement de Lord North, ministre de George III.
1759 : Fondation du British Museum. Le duc de Bridgewater fait creuser sur 16 kilomètres le premier canal
reliant ses houillères de Worsley à Manchester. Bientôt, en 1766, sera creusé le Grand Trunk Canal reliant la mer d’Irlande à
la mer du Nord. Avant la fin du siècle, 5 500 kilomètres de canaux auront
été creusés.
1760 : Avènement de George III, petit-fils de George II.
1760-1820 : Règne de George III, sous la régence de son
fils à partir de 1811.
1768 : Fondation de la Royal Academy par le
peintre Reynolds.
1768-1770 : Première expédition du capitaine Cook dans le
Pacifique. Découverte des îles de la Société, de la
Nouvelle-Zélande et de l’Australie.
1768 : Hargreaves met au point la spinning jenny,
première machine à filer. Deux ans plus tard, il prend le brevet du
métier à filer à plusieurs broches.
1769 : James Watt dépose le brevet de la première
machine à vapeur.
1772-1775 : Deuxième expédition du capitaine Cook dans le
Pacifique. Découverte des Marquises, des Nouvelles-Hébrides et de
la Nouvelle-Calédonie.
1776 : Après plusieurs années d’agitation,
déclaration unilatérale d’indépendance des colonies américaines.
1776-1779 : Troisième expédition du capitaine Cook qui
remonte les côtes du Pacifique nord à la recherche d’un passage
vers l’Atlantique, mais est tué à Hawaï en redescendant vers le Pacifique sud.
1780 : Violentes émeutes à Londres en réponse à
l’abolition des sanctions imposées aux catholiques.
1781 : Inauguration à Ironbridge dans le Shropshire du
premier pont métallique, lancé au-dessus des gorges de la Severn
par Abraham Darby III.
La capitulation de Cornwallis à Yorktown en Virginie met un terme à
la guerre d’indépendance américaine, conclue par le traité
de Paris en 1783.
Sir Richard Arkwright met au point une machine à filer le coton.
1783 : La crise qui suit la perte des colonies
américaines amène au pouvoir le second Pitt.
1787 : Premier traité de libre-échange avec la France.
1788 : Le roi George est victime de sa première crise de
« folie », en fait de troubles du comportement dus à la
porphyrie, que l’on ne sait pas traiter à l’époque. Il aura de
longues périodes de rémission avant de sombrer définitivement en
1811.
1789 : Le déclenchement de la Révolution française est
accueilli favorablement par l’opinion publique, qui croit à
l’évolution de la monarchie française vers une monarchie
constitutionnelle.
1792 : Les massacres des Suisses à Paris le 10 août et
ceux de septembre dans les prisons suscitent l’horreur et
retournent l’opinion contre la Révolution française.
1793 : L’invasion de la Belgique par les armées
françaises déclenche la guerre, tandis que la crainte d’une
contagion révolutionnaire entraîne une restriction des libertés
publiques.
1795 : Le Combination Act interdit tout
rassemblement.
1796 : Publication par Jenner de ses travaux sur la
vaccination.
1799 : Suppression de la liberté d’association pour
les ouvriers.
1800 : Un acte d’Union rattache l’Irlande à
l’Angleterre et supprime le Parlement de Dublin.
1801 : Pitt est mis en minorité à propos de
l’émancipation des catholiques irlandais promise en retour de
l’union, et démissionne.
1805 : Victoire navale de Trafalgar.
1807 : Abolition de la traite des esclaves.
1811 : La détérioration mentale du roi George amène le
Parlement à nommer son fils aîné Prince Régent.
1811-1816 : Dans les ateliers mécanisés du Lancashire,
les Luddites (du nom de leur leader, un certain Ludd) s’illustrent
par le bris de machines qu’ils rendent responsables du chômage.
1811 : La cherté des prix agricoles provoque des émeutes
de la faim. Cobbett dénonce la misère ouvrière et promeut l’idée
d’une réforme politique et sociale.
1815 : Victoire à Waterloo des troupes de la coalition
emmenées par Wellington. L’Importation Act, visant à maintenir le revenu agricole,
impose des taxes prohibitives à l’importation de blé étranger.
1816 : « L’année sans été ». L’explosion
d’un volcan indonésien crée des conditions climatiques
désastreuses pour l’agriculture et déclenche une crise sociale.
1819 : Massacre de « Peterloo » : dispersion dans le sang d’un meeting ouvrier réunissant, à Saint Peter’s Fields, près de Manchester, 60 000 participants venus
réclamer l’abolition des corn laws qui fixent le prix du
blé, ainsi que la réforme électorale. Le Cotton Mills and Factories Act interdit l’emploi
d’enfants de moins de 9 ans et limite le travail à 12 heures par
jour pour les enfants de moins de 16 ans.
1820 : Mort de George III. Le Prince Régent devient roi
sous le nom de George IV.
1820-1830 : Règne de George IV.
1825 : Un nouveau Combination Act autorise les
associations ouvrières, mais leur refuse le droit de négociation
collective de salaires et réprime le droit de grève.
1825 : Inauguration de la première ligne de chemin de
fer entre Stockton et Darlington, dans le comté de Durham, pour
transporter du charbon. Elle s’ouvrira aux voyageurs en 1833.
1828 : La fondation d’University College à
Londres par John Stuart Mill ajoute une troisième université à
celles d’Oxford et de Cambridge.
1829 : Le ministre de l’Intérieur Robert Peel fait
passer une série de lois qui humanisent la législation criminelle
et lèvent les restrictions s’appliquant aux catholiques. Il crée
aussi la police londonienne, qu’il installe à Scotland Yard.
L’ingénieur Robert Stephenson met au point la Rocket,
première d’une longue lignée, sans cesse améliorées, de
locomotives.
1830 : Mort de George IV sans enfant. Son frère lui
succède sous le nom de Guillaume IV.
1831 : Sous l’influence de Peel et de Lord Shafstbury,
le Labour in Cotton Mills Act interdit le travail de nuit aux
moins de 21 ans et limite à 12 heures par jour le travail des moins
de 18 ans.
1832 : Le Reform Act redécoupe les
circonscriptions jamais changées depuis le Moyen Age, supprime les
« bourgs pourris » où ne subsiste qu’une poignée
d’électeurs et qui permettaient à ceux qui en avaient les moyens d’accéder grâce à leur fortune à la députation, unifie le droit de vote et l’élargit à tous les
propriétaires terriens de sexe masculin.
1833 : Sous l’impulsion de l’évêque Wilberforce, le
Slavery Abolition Act abolit l’esclavage dans tout l’empire.
Le Factory Act limite à 48 heures hebdomadaires l’emploi
des enfants de moins de 13 ans et allège les conditions d’emploi
des femmes.
1833-1841 : Le Mouvement d’Oxford appelle l’Eglise
d’Angleterre, laxiste et soumise aux pressions politiques, à
retrouver la pureté et l’ardeur de ses origines.
1834 : Peel, devenu Premier ministre, fait adopter le
principe qu’un gouvernement, même soutenu par le roi et les Lords,
ne saurait se maintenir au pouvoir sans majorité aux Communes, et
institue de fait le régime parlementaire.
Les « martyrs de Tolpuddle » sont déportés en Australie
pour avoir formé un syndicat.
Fondation du Parti conservateur qui remplace les tories.
Incendie du Parlement, qui sera reconstruit dans le style
néogothique pour ne pas détonner par rapport à Westminster Hall
et au chevet de Westminster Abbey.
1835 : Réforme de l’administration locale. Des
conseils municipaux seront élus par les contribuables. Des services
de voirie, d’hygiène et d’assistance sont créés.
1837 : Mort de Guillaume IV sans enfant légitime. Sa
nièce, Victoria, âgée de 18 ans, fille d’un frère puîné, le
duc de Kent, décédé avant lui, devient reine. Le Hanovre, qui suit
la loi salique, se détache de la couronne d’Angleterre.
L’ère des Hanovre a vu de profonds bouleversements économiques et
sociaux, avec le développement de la révolution agricole suivie de
près par la révolution industrielle, les balbutiements d’un
régime parlementaire, l’apparition d’une classe ouvrière et les
premières réformes démocratiques. Lorsque meurt Guillaume IV,
l’Angleterre est prête à prendre le virage qui fera d’elle la
première puissance mondiale.
L'Angleterre victorienne (1837-1901)
Le très long règne de Victoria va correspondre à l'affirmation de l'hégémonie anglaise sur le monde. Sortie victorieuse en 1815 de sa longue confrontation avec la France, l'Angleterre peut s'imposer ensuite comme la première puissance industrielle – elle a pris une cinquantaine d'années d'avance sur le continent en ce domaine –, la première puissance commerciale, la première puissance navale – au temps où « Britannia règne sur les flots » – la première puissance coloniale... Elle va disposer, jusqu'à la décennie 1890, d'une supériorité sans partage, en veillant au maintien de « l'équilibre européen » et à l'endiguement de la poussée russe aux marges de l'Eurasie.
1837-1901 : Règne de Victoria, le plus long de
l’Histoire jusqu’à nouvel ordre, celui de la reine Elisabeth II
étant en voie de le dépasser.
1838 : Lancement de la charte du Peuple, pétition
qui réclame le suffrage universel et secret, la création d’une
indemnité parlementaire ainsi qu’une réunion annuelle du Parlement.
1839-1840 : Dans le sillage du mouvement chartiste,
tentatives de soulèvement à Newport, Sheffield et Bradford.
1840 : Victoria épouse son cousin Albert de
Saxe-Cobourg-Gotha. Ils auront neuf enfants, dont les mariages royaux
feront de Victoria la « grand-mère de l’Europe ».
Rowland Hill révolutionne la poste en créant le premier
timbre-poste.
1841 : Inauguration de la ligne ferroviaire
Londres-Brighton.
1842 : Sous l’impulsion de Lord Shaftsbury, le Mines
Act interdit l’emploi des femmes et des enfants de moins de 10
ans dans les mines.
1843 : Lancement du Great Western, premier navire
à coque en fer et propulsion à hélice, conçu par l’ingénieur
Isambard Brunel.
1845-1846 : Arrivée en Angleterre d’un million
d’Irlandais chassés de leur île par la Grande Famine. La question
irlandaise va se poser avec une acuité croissante et engendrer en
Angleterre, au fil du temps, troubles et attentats.
1846 : L’Importation Act met fin aux Corn
Laws, facteur de vie chère, et instaure le libre-échange.
1847 : Le Ten Hours Act limite le travail ouvrier
à dix heures par jour.
1848 : La nouvelle pétition du mouvement chartiste,
signée parfois de noms farfelus, le déconsidère et il s’effondre.
Fondation de la Fraternité Préraphaélite, qui entend rétablir
la pureté de l’art et y réintroduire de la spiritualité. Son
influence se fera sentir jusqu’à la Grande Guerre.
1848-1849, et encore en 1853 : Epidémies de choléra.
1850 : Rétablissement par le pape d’une hiérarchie
catholique en Angleterre.
1851 : La « Grande Exposition » à la gloire
de l’industrie britannique draine six millions de visiteurs au
Crystal Palace de Londres.
1852 : Obsèques solennelles de Wellington à la
cathédrale Saint-Paul de Londres.
1854-1856 : Guerre de Crimée, au cours de laquelle
s’illustre Florence Nightingale en soignant les blessés.
1858 : Eté de la « Grande Puanteur ».
Décision de construire à Londres le système d’égouts dont la
Tamise faisait fonction jusque-là.
1859 : Une alliance entre whigs, partisans de Peel,
et whigs « radicaux » débouche sur la fondation
du Parti libéral.
Charles Darwin publie L’Origine des espèces.
1860 : Traité de libre-échange avec la France signé
par Richard Cobden et Michel Chevalier.
1861 : Mort du prince Albert. La reine, inconsolable,
cesse pratiquement d’apparaître en public tout en assumant ses
devoirs politiques.
1863 : Inauguration à Londres de l’underground
(la Circle Line), métro aux convois tractés par des machines
à vapeur.
1867 : Le Reform Act du conservateur Disraeli
élargit le droit de vote aux propriétaires urbains. Le corps
électoral dépasse les trois millions.
1868-1874 : Le ministère Gladstone (libéral) réforme
l’administration, l’armée et la justice avec, pour objectif, une
démocratisation.
1870 : Stanley, parti à la recherche de Livingstone, le
retrouve au bord du lac Tanganyka.
Dickens est solennellement enterré à Westminster Abbey.
L’Education Act crée un
enseignement d’Etat, non confessionnel.
Construction des premiers logements sociaux à Londres.
1871 : Le Trade Union Act donne un statut légal
aux syndicats.
Les universités d’Oxford et de Cambridge cessent d’être
réservées aux seuls anglicans.
1872 : Adoption du vote à bulletin secret pour les
élections.
1874-1880 : Ministère Disraeli (conservateur).
1877 : La reine Victoria reçoit le titre d’impératrice
des Indes.
1878 : Création de l’Armée du Salut par
William Booth.
Invention du téléphone par l’Ecossais Alexander Graham Bell.
Une législation interdit l’emploi d’enfants de moins de 10 ans
et prévoit que les moins de 14 ans ne pourront travailler plus d’une
demi-journée par jour. Les femmes ne pourront travailler plus de 56
heures par semaine.
1880 : La scolarité est rendue obligatoire pour les
enfants entre 5 et 10 ans. La limite sera étendue à 11 ans en 1893
et à 12 ans en 1899.
1884 : Création de la Fabian Society, laboratoire
d’idées socialistes.
Le Reform Act du gouvernement Gladstone ouvre le corps
électoral aux locataires et le fait passer à près de six millions
d’électeurs.
1886 : « Black Monday » (8 février). Une
émeute dégénère à Trafalgar Square et se solde par des victimes
et des dégâts.
Un groupe de libéraux opposés au Premier ministre Gladstone sur la
question de la Home Rule irlandaise, fonde le Parti
libéral-unioniste, dirigé par Joseph Chamberlain.
Les élections hissent les conservateurs de Lord Salisbury au
pouvoir.
1887 : Jubilé d’or (50 ans de règne) de la reine
Victoria, qui l’amène à sortir de sa réserve et à se remontrer
en public. Le sentiment républicain, très vif jusque-là, commence
à décroître.
« Bloody Sunday » (13 novembre) : une émeute à
Londres fait un mort et cent cinquante blessés.
1888 : D’août à novembre, les meurtres attribués à Jack l’Eventreur défraient la chronique et sèment
la panique dans l’East End.
Le Local Government Act redessine la carte des comtés et
modernise radicalement l’administration locale.
1890 : Inauguration de la première ligne électrique du
métro londonien.
1891 : Instauration de la gratuité de l’enseignement.
1892 : Retour des libéraux au pouvoir. Trois députés
issus des Trade Unions entrent à la Chambre des Communes.
1893 : Le projet de Home Rule présenté par
Gladstone en vue d’accorder l’autonomie à l’Irlande échoue
devant l’opposition de la Chambre des Lords.
Fondation de l’Independant Labour Party par Keir Hardie,
l’un des trois élus de 1892.
1895 : Sévère défaite électorale des libéraux. Les libéraux-unionistes s’allient aux conservateurs et entrent dans la
coalition gouvernementale du ministère Salisbury.
1897 : Le jubilé de diamant (60 ans de règne) de la
reine Victoria devient l'occasion d’une grande ferveur patriotique et redonne
sa popularité à la monarchie.
Fondation de la National Union of Women’s Suffrage Societies
visant à promouvoir le droit de vote des femmes.
1900 : La levée du siège qui retenait des troupes
britanniques bloquées depuis sept mois par des Boers dans Mafeking
est célébrée dans la liesse dans toute l’Angleterre.
1901 : Mort de la reine Victoria et avènement, à l’âge
de 61 ans, de son fils, sous le nom d’Edouard VII.
Lorsque meurt la reine Victoria, l’Angleterre, élément central du
Royaume-Uni, est à la tête d’un empire qui couvre un quart des
terres émergées. Première puissance navale et principale puissance économique du monde, le Royaume-Uni subit désormais la
concurrence commerciale et industrielle de l’Allemagne et des
Etats-Unis.
Au sein du pays se font jour des revendications sociales et
démocratiques pressantes, notamment en matière de protection et de
redistribution sociales, tandis que se pose le problème de la place
de la Chambre des Lords dans le système parlementaire et que la
question irlandaise reste sans solution.
Du début du XXe siècle à nos jours
Alors que l'Empire britannique apparaît toujours, au début du XXe siècle, comme la première puissance du monde, même si les Etats-Unis et l'Allemagne l'ont désormais dépassé sur le terrain industriel, il doit payer au prix fort la victoire obtenue à l'issue de la première guerre mondiale. Il fait toujours partie, en 1945, du camp des vainqueurs, mais la décolonisation et l'affaiblissement de l'économie ouvrent une période de repli que l'Angleterre va surmonter grâce à Margaret Thatcher et à l'entrée dans l'Europe. Ce qui n'exclut pas la persistance, dans la société anglaise, de difficultés structurelles.
1901-1910 : Règne d’Edouard VII.
1902 : Arthur Balfour succède à Salisbury comme Premier
ministre. Création d’un ministère de l’Education, d’un
système éducatif national et de bourses au mérite.
1903 : Fondation de la Women’s Social and Political
Union. Début de l’agitation des suffragettes qui réclament le
droit de vote pour les femmes.
1903-1905 : Le débat sur la réforme des tarifs
douaniers montre une poussée des tendances inflationnistes et finit
par faire éclater la coalition gouvernementale. Balfour démissionne.
1904 : Signature du traité d’Entente cordiale avec la
France.
1905-1908 : Le gouvernement libéral de
Campbell-Bannerman vote la création d’assurances sociales et de
caisses de retraite, ainsi qu’une taxe sur les hauts revenus et
diverses mesures de protection de l’enfance. Une loi limite la
durée de travail à 8 heures par jour.
1905 : Tirant les leçons de la défaite navale russe
face à la marine japonaise, le gouvernement lance la construction du
premier cuirassé à canons longue portée, le Dreadnought,
lancé en 1906. Un autre sortira peu après des chantiers. Quatre de
plus auront été construits en 1910 et ensuite, cinq seront lancés
chaque année.
1906 : Fondation du Labour Party par la fusion de
l’Independant Labour Party et du mouvement des Trade Unions.
1907 : Le ministre de la Guerre, Richard Haldane, lance une
réforme totale de l’armée, prévoyant, entre autres, la mise sur
pied d’un corps expéditionnaire de 75 000 hommes, appelé à se
déployer sur le continent si besoin est.
1908 : Henry Herbert Asquith succède à
Campbell-Bannerman à la tête du gouvernement libéral. Il restera
au pouvoir jusqu’en 1916.
1910 : Le rejet par la Chambre des Lords de la loi de
finances introduisant l’impôt sur le revenu ouvre une crise
constitutionnelle.
Institution d’un salaire minimum et création de bourses du
travail.
Le roi meurt. Son fils aîné étant mort avant lui, il laisse le
trône à son fils cadet qui prend le nom de George V.
Violents affrontements entre les mineurs de charbon gallois et la
police à Tonypandy. Ils se répètent l’année suivante et
Churchill, ministre le l’Intérieur, envoie l’armée soutenir la
police.
1911 : Deux élections successives ne débloquent pas la
crise constitutionnelle. Le roi agite la menace de la création
d’autant de lords que nécessaire pour que passe la loi.
1912 : Le Parliament Act réduit les pouvoirs de
la Chambre des Lords qui perd son droit de veto en matière
financière et le voit limité à trois sessions dans les autres
domaines.
Institution d’un régime obligatoire d’assurance maladie et
chômage.
Le vote de la Home Rule, qui accorde l’autonomie à
l’Irlande, déclenche une violente agitation en Ulster.
1912-1913 : Violente agitation de la part des mouvements de
suffragettes. Lors du Derby d’Epsom 1913, Emily Davison se jette au
devant des chevaux et meurt piétinée.
4 août 1914 : Entrée en guerre du
Royaume-Uni. L’appel aux volontaires lancé par le nouveau ministre
de la Guerre, Lord Kitchener, pour suppléer à l’insuffisance du
Corps expéditionnaire suscite l’enrôlement de plus de 400 000
hommes avant la fin septembre.
1915 : L’échec de l’expédition des Dardanelles qui
visait à ouvrir un « front à revers », amène
l’élargissement du gouvernement Asquith en gouvernement d‘union
nationale.
1916 : Institution du service militaire obligatoire.
La bataille de la Somme, engagée le 1er, entraîne des pertes très lourdes. On ne parvient pas à percer le front allemand.
La Navy remporte la bataille navale décisive du Jutland sur
la marine allemande.
Après la démission d’Asquith, Lloyd George devient Premier ministre.
1918 : Institution du suffrage universel pour les hommes
de plus de 21 ans et pour les femmes de plus de 30 ans. Le corps
électoral s’élève à plus de 21 millions d’électeurs, dont
huit millions et demi de femmes. Les élections amènent au Parlement
une majorité conservatrice, mais Lloyd George, à la tête de libéraux dissidents, reste Premier ministre.
1919 : Conférence de la Paix à Versailles.
L’importance du chômage suscite de nombreuses grèves dans tout le
royaume.
1920 : Devant l’opposition farouche de l’Ulster à
l’entrée en application du Home Rule, l’Irish
Government Act propose la partition de l’île, déclenchant un
soulèvement au sud.
1921 : Le traité de Londres reconnaît l’Etat libre
d’Irlande. La guerre civile irlandaise durera jusqu’en 1922.
1922 : Début des émissions de la BBC, qui recevra une
Charte royale en 1927.
Rupture du pacte entre conservateurs et libéraux. Certains libéraux
rejoignent le Parti conservateur. Le Parti libéral s’efface devant
le Labour comme principal parti d’opposition.
1924 : Sur fond de grèves et de tensions sociales, les
élections amènent au pouvoir les travaillistes avec une courte
majorité. Ramsay MacDonald devient Premier ministre.
De nouvelles élections, quelques mois plus tard, portent au pouvoir
un gouvernement conservateur dirigé par Stanley Baldwin.
Création de la compagnie aérienne British Imperial Airways,
qui deviendra la British Overseas Airways (BOAC).
1925 : Succès de la politique monétaire qui entraîne le
retour à la conversion-or de la livre, mais paralyse la vie
économique au moment où croît le chômage.
1926 : L’Angleterre est paralysée pendant trois
semaines par une grève générale qui frappe les imaginations et
prend un aspect mythique. Son échec conduit le parti travailliste à
se tourner vers l’action parlementaire.
1928 : Les femmes de plus de 21 ans obtiennent le droit
de vote.
1930 : Le transfert au gouvernement de la possession du
sous-sol ouvre la voie à une future nationalisation des mines.
1931 : Le Statut de Westminster donne leur
indépendance aux dominions, regroupés en un Commonwealth. Le seul
lien entre eux est la Couronne.
Ramsay MacDonald est appelé à former un gouvernement d’union
nationale pour tenter d’enrayer la crise monétaire. La livre est
dévaluée d’un tiers et sa convertibilité est suspendue, mettant
un terme au libre échange. Les salaires et les indemnités de
chômage sont réduits, les impôts directs et indirects augmentés.
Le chômage monte en flèche et des « marches de la faim »
descendent sur Londres depuis le Nord de l’Angleterre.
1935-1937 : Retour des conservateurs au pouvoir sous la
direction de Stanley Baldwin.
1935 : Lancement d’un programme de construction
d’avions de chasse (les Spitfire).
Invention du radar.
1936 : « Année des trois rois ». Mort de
George V en janvier. Son fils aîné lui succède sous le nom
d’Edouard VIII, mais entend épouser une Américaine divorcée au passé sulfureux et aux relations politiques douteuses.
Il est contraint d’abdiquer en décembre, et part s’installer en
France avec le titre de duc de Windsor. Son frère Albert, duc
d’York, monte sur le trône sous le nom de George VI.
Keynes publie sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt
et de la monnaie.
1937 : Stanley Baldwin quitte la vie politique, cédant
le poste de Premier ministre à Neville Chamberlain qui pratique, à
l’égard de l’Allemagne nazie, une politique « d’apaisement ».
Anthony Eden, ministre des Affaires étrangères, en désaccord,
démissionne.
Septembre 1939 : Déclenchement de la
seconde guerre mondiale. Ré-institution de la conscription. Un corps
expéditionnaire britannique est envoyé en France.
1940 : Désastre de Narvik et retraite de Norvège des
troupes britanniques. Rébellion des députés conservateurs contre
Chamberlain. Winston Churchill devient Premier ministre à la tête
d’un gouvernement d’union nationale.
Offensive allemande. Rapatriement de Dunkerque du corps
expéditionnaire britannique (224 000 hommes) et de 100 000 Français
dont une partie rentrera en France et une autre fournira le noyau des
Forces françaises libres.
La bataille d’Angleterre entre la chasse britannique et les
bombardiers allemands se solde par une victoire qui éloigne le
spectre d’un débarquement allemand.
De septembre 1940 au printemps 1941, le Blitz pilonne l’Angleterre.
Coventry est pratiquement rasée dans la nuit du 14 au 15 novembre.
1942 : Le libéral William Beveridge publie le rapport
demandé par le gouvernement sur les réformes sociales nécessaires.
Il servira de base à la mise en place du Welfare State ou
Etat-Providence après la guerre.
1944 : Le Butler Act réorganise et démocratise
l’enseignement, rendu obligatoire jusqu’à l’âge de 15 ans.
1945 : Les élections amènent les travaillistes au
pouvoir. Le pays est en ruine, la production industrielle faible. Les
rationnements de toute sorte dureront jusqu’au couronnement de 1953
pour certains d’entre eux.
1945-1950 puis 1950-1951 : Le gouvernement Attlee
met en place le Welfare State : allocations familiales,
assurances chômage et maladie, création du service de santé
publique (National Health Service). La Banque d’Angleterre,
les mines de charbon, l’aviation civile, l’électricité, la
sidérurgie, les transports publics sont nationalisés. Des villes
nouvelles sont créées pour pallier le manque de logements.
1948 : Les Jeux olympiques se tiennent à Londres.
1949 : Les difficultés économiques imposent une
dévaluation de la livre de 10 %.
1951 : A Londres, le Festival of Britain qui
commémore le centenaire de la Grande Exposition, salue la
reconstruction du pays.
Les élections législatives amènent au pouvoir les conservateurs.
Winston Churchill redevient Premier ministre. La sidérurgie et les
transports publics sont dénationalisés.
6 février 1952 : Mort de George VI. Sa
fille Elisabeth lui succède.
2 juin 1953 : Couronnement d’Elisabeth
II, objet de la première retransmission en Eurovision.
1954 : Anthony Eden succède à Winston Churchill,
amoindri par un AVC caché à l’opinion publique depuis des mois.
Les élections gardent les conservateurs au pouvoir.
1954-1957 : Gouvernement Anthony Eden.
1956 : Le Royaume-Uni s’abstient d’assister à la
conférence de Messine sur l’Europe.
Expédition de Suez. Son échec amène la démission d‘Eden.
Harold Macmillan devient Premier ministre.
1956-1963 : Gouvernement Harold Macmillan.
1959 : Les conservateurs remportent de nouveau les
élections.
Emeutes raciales à Notting Hill.
Découverte de pétrole en mer du Nord.
1960 : Signature du traité de Rome sans le Royaume-Uni.
Le discours de Macmillan sur le Wind of Change lance le
processus de décolonisation.
Fin du service militaire obligatoire.
1961 : La candidature du Royaume-Uni à l’entrée dans
le Marché commun est rejetée par le général De Gaulle.
1962 : Accords de Nassau avec les Etats-Unis sur
l’armement nucléaire.
Restrictions apportées à la possibilité pour un ressortissant du
Commonwealth détenteur de passeport britannique d’entrer au
Royaume-Uni.
Suspension de la peine de mort, définitivement abolie en 1970.
1963 : La Beatlemania déferle sur l’Angleterre.
8 août 1963 : Attaque du train postal Glasgow-Londres.
Scandale Profumo lorsque est révélée la liaison du ministre de
la Défense avec une maîtresse de l’attaché militaire soviétique.
Démission d’Harold Macmillan malade. Alec Douglas-Home lui
succède comme Premier ministre.
1964 : Les travaillistes remportent les élections.
Harold Wilson devient Premier ministre.
1964-1970 : Gouvernement Wilson.
1965 : Emeutes raciales sporadiques. Le Race
Relations Act, complété en 1968 et 1976, met en place une
législation antidiscriminatoire face aux tensions montantes.
Les obsèques solennelles de Winston Churchill donnent lieu à un
grand moment de ferveur nationale.
Dévaluation de la livre de 14,3 %.
Nouvelle candidature européenne de la Grande-Bretagne.
Création de l’Open University.
1968 : Libéralisation de la législation sur l’avortement.
1969 : Abaissement de la majorité électorale à 18 ans.
1970 : Victoire des conservateurs aux élections. Edward
Heath devient Premier ministre.
Libéralisation du divorce.
Vote de l’Equal Pay Act sur l’égalité des salaires
hommes-femmes.
1971 : Accords Heath-Pompidou sur l’entrée de la
Grande-Bretagne dans le Marché commun.
Le gouvernement adopte une ligne dure à l’égard des syndicats
avec le vote de l’Industrial Relations Act.
1972 : Réforme de l’administration des collectivités
locales et création de districts métropolitains dans les six plus
grandes villes.
La scolarité obligatoire est portée à 16 ans.
1973 : Premiers attentats à la bombe de l’IRA à
Londres. Jusqu’à la signature à Belfast en avril 1998 des
« Accords du Vendredi saint », d’autres suivront en
1976, 1991 et 1992.
Le choc pétrolier et la grève des mineurs, suivis d’une
multiplication des conflits sociaux et des grèves, aboutit à
l’instauration de la semaine de trois jours.
1974 : Deux élections successives, au cours desquelles
on constate une poussée des nationalistes écossais et gallois,
donnent le pouvoir aux travaillistes. Harold Wilson redevient Premier
ministre.
1975 : Le « oui » l’emporte par 60 % lors du
référendum sur l’adhésion à la Communauté européenne.
Le Sex Discrimination Act vise à supprimer les inégalités
à l’embauche entre hommes et femmes.
1976 : Emeutes raciales à Londres et à Liverpool.
Démission surprise d’Harold Wilson, qui cède la place à James
Callaghan.
Début de l’exploitation du gaz et du pétrole de la mer du Nord.
1977 : Limitation des prix et des salaires. Renaissance
des conflits sociaux.
1978 : Lockout du Times.
Grèves à répétition de « L’Hiver du mécontentement ».
mars 1979 : Les élections donnent le pouvoir aux conservateurs. Margaret Thatcher devient Premier ministre.
En trois mandats successifs, elle mène une politique de dérégulation
des institutions financières, flexibilité du marché du travail,
privatisation de secteurs étatisés tels que télécommunications,
aérospatiale, compagnies aériennes, production et distribution du
gaz et de l’électricité, sidérurgie, charbon et pétrole, et de
réduction du pouvoir et de l’influence des syndicats.
Inauguration d’un programme de rénovation des centres-villes. Début
des aménagements du Dockland à Londres.
1981 : Condamnation de « l’Eventreur du
Yorkshire » qui a, à son actif, treize meurtres et sept autres
tentatives.
1982 : Victoire britannique contre l’Argentine dans la
guerre des Malouines.
1983 : Dans le sillage de cette victoire, succès des
conservateurs aux élections.
6 mars 1984 : Début de la grève des
mineurs de charbon, qui durera un an sans faire céder le
gouvernement et se soldera par un échec.
12 octobre 1984 : A la veille de l’ouverture du congrès
conservateur à Brighton, Margaret Thatcher échappe à un attentat
de l’IRA qui coûte la vie à cinq personnes.
1985 : Accord de Hillsborough avec l’Irlande en vue de
régler en commun le conflit nord-irlandais.
1986 : Suppression du Conseil de Comté de Londres.
Dérégulation des institutions financières de la City.
1987 : Nouveau succès des conservateurs aux élections.
Ratification du traité prévoyant la construction du tunnel sous la
Manche.
1990 : Violentes émeutes dans tout le pays contre la
poll tax, impôt par capitation. Le Cabinet contraint Margaret
Thatcher à la démission. John Major lui succède.
Réforme du service national de santé.
1991 : Lancement de la première « charte du
citoyen » précisant ce que le public est en droit d’attendre
des services publics.
avril 1992 : Les conservateurs remportent
les élections. John Major est reconduit au poste de Premier
ministre.
16 septembre : « Black Wednesday ». La
spéculation contre la livre contraint le gouvernement à sortir du
Serpent monétaire européen.
Incendie du château de Windsor.
Divorce du prince de Galles.
L’année sera qualifiée d’annus horribilis par la reine qui propose de payer dorénavant des impôts comme ses sujets.
1994 : Privatisation des mines de charbon.
Inauguration du tunnel sous la Manche.
Tony Blair, nouveau leader du parti travailliste, en réoriente la
doctrine dans le sens d’une social-démocratie. La « clause
4 » des statuts qui prévoit la nationalisation des moyens de
production, est abolie et le poids des syndicats au sein du parti
diminué.
novembre 1996 : La pierre de Scone, rendue
aux Ecossais par décision de John Major, quitte Londres pour
Edimbourg.
1997 : Victoire des travaillistes aux élections. Tony
Blair devient Premier ministre. Il ne revient pas sur les réformes
thatchériennes, et met en place de profondes réformes
constitutionnelles. Suite au succès du « oui » aux
référendums écossais et gallois, l’autonomie de gouvernement est accordée à l’Ecosse et au pays de Galles.
Mort accidentelle de Diana, princesse de Galles.
1998 : Déclenchement de la crise « de la vache
folle ».
2001 : Nouvelle victoire travailliste aux élections.
Mise en place de la réforme des études universitaires et de mesures
de lutte contre l’absentéisme scolaire.Mesures de protection du système de santé.
2002 : Jubilé d’or (50 ans de règne) de la reine
Elisabeth.
Mort de la reine-mère Elisabeth à l’âge de 102 ans.
Lancement de la réforme de la Chambre des Lords : limitation
drastique du nombre de pairs héréditaires.
Renationalisation partielle des chemins de fer.
7 juillet 2005 : Une série de bombes
déposées par des islamistes dans les transports londoniens font plusieurs dizaines de victimes, mais font prendre conscience de la menace islamiste,
plutôt niée jusque-là.
2007 : Après la démission de Tony Blair, Gordon Brown
devient Premier ministre.
2010 : Défaite des travaillistes aux élections. Un
gouvernement de coalition se met en place : le Premier ministre
conservateur David Cameron est assisté d’un vice-Premier ministre
libéral-démocrate, Nick Clegg.
En novembre et décembre, Londres est secoué de violentes émeutes
étudiantes qui protestent contre la hausse des droits
universitaires.
2011 : La révélation du recours par des journalistes
des News of the World, appartenant au groupe Murdoch, à des
pots-de-vin et à des écoutes téléphoniques pour obtenir des
renseignements déclenche un scandale politique.
2012 : La révélation post mortem que le
populaire présentateur de TV Jimmy Saville était un prédateur
pédophile déclenche une vaste enquête sur les connivences dont il
avait pu bénéficier dans la durée.
3 juin 2012 : Le jubilé de diamant (60 ans) de la reine
Elisabeth est célébré par une parade nautique sur la Tamise et
des banquets de rue.
été 2012 : Succès mondial des Jeux olympiques de Londres.
16 septembre 2014 : Le référendum sur
l’indépendance de l’Ecosse (rejetée par une majorité de
« non ») relance le débat sur la création d’un
parlement autonome pour l’Angleterre.
7 mai 2015 : Succès de David Cameron et des conservateurs aux élections législatives. Les tories remportent la majorité absolue des (330 sièges sur 650) et ne sont plus contraints, comme c'était le cas cinq ans plus tôt, de former un gouvernement de coalition, avec les libéraux-démocrates de Nick Clegg (ces derniers se retrouvent avec 8 élus au lieu de 57).Les travaillistes pâtissent, de leur côté, de l'envolée du Scottish National Party qui, après le score important réalisé au référendum portant sur l'indépendance de l'Ecosse, enlève 56 des 59 sièges écossais. L'UKIP, le parti anti-européen de Nigel Farage, n'enlève, du fait du système électoral britannique, qu'un seul siège, après être arrivé pourtant premier en voix aux élections européennes, et ce malgré les 12,7% des voix qu'il a obtenues. La baisse du chômage et le maintien d'une croissance relativement élevée expliquent la victoire des conservateurs.
Septembre 2015 : Jeremy Corbyn est élu à la tête du parti tavailliste, sur un discours hostile à l'austérité.
23 juin 2016 : Contre toute attente, les Anglais votent en faveur du Brexit, de la sortie du Royaume Uni de l'Union Européenne. Ecossais et irlandais du nord se sont prononcés majoritairement contre, tout comme la ville de Londres mais l'Angleterre profonde a clairement rejeté l'intégration européenne et les abandons de souveraineté qu'elle implique. Les électeurs se sont aussi prononcés en majorité contre les politiques migratoires voulues à Bruxelles et à Berlin. Le score de 51,9% des suffrages est sans appel et ce résultat a conduit à la démission David Cameron, qu s'était prononcé en faveur du maintien dans l'Europe Héraut du Brexit, Boris Johnson, l'ancien maire de Londres (remplacé par un Anglais d'origine pakistanaise lors des dernières élections municipales) a refusé de succéder à David Cameron et le parti conservateur a désigné Theresa May
13 juillet 2016 : Entrée au 10 Downing Street de Theresa May, ex ministre de l'Intérieur, . partisane discrète du maintien dans l'Union Européenne durant la campagne référendaire. Elle prend toutefois acte du suffrage populaire et se prononce même pour un « hard Brexit ». Malgré les cris d'alarme lancés par les adversaires du Brexit, l'économie britannique demeure relativement prospère, avec un chômage faible et une croissance soutenue, même si la livre sterling a sensiblement chuté.Premier responsable politique étranger à être reçu par Donald Trump, Theresa May espère que le Royaume Uni va compenser sa sortie de l'Europe et de son marché unique en développant de nouveaux partenariats commerciaux mais la mutation engagée en juin 2016 sera longue et demeure incertaine quant à la possibilité d'atteindre les objectifs visés. Septembre
2016 : Jeremy Corbyn, qui s'était vu reprocher par certains sa
mollesse dans le combat en faveur du "Remain", est
largement réélu à la tête du Labour Party. En Écosse, Nicola
Sturgeon fait valoir qu le vote pro-européen de ses compatriotes (à
62%) légitime la revendication d'un nouveau référendum portant sur
l'indépendance écossaise. Les négociations avec l'Union Européenne
en vue de préciser la mise en œuvre du Brexit et d'établir de
nouvelles relations avec Bruxelles s'annoncent difficiles car les
Anglais souhaitent conserver l'accès au marché unique, sans se voir
obligés d'accepter la libre circulation des personnes à l'intérieur
du nouvel espace en gestation.
2017 :
L’économie britannique résiste mieux que prévu au choc
consécutif au Brexit, mais les divisions des conservateurs, sur fond
de négociations avec l'UE, ont considérablement compliqué la tâche
de Teresa May. Contre toute attente, les élections anticipées du 8
juin ont vu les conservateurs perdre la majorité (42,4 % contre
40 % au Labour, qui réalise son meilleur score depuis l'ère de
Tony Blair). Ils sont dès lors contraints à une alliance avec les
unionistes nord-irlandais, ce qui est lourd de conséquences pour les
discussions à venir à propos de la frontière entre l'Irlande et
l'Ulster. La poussée de l'inflation et le déséquilibre de la
balance commerciale n'arrangent rien, même si le chômage est au
plus bas. Le coût du logement et la hausse de la précarité
affaiblissent les classes moyennes et entretiennent un certain
mécontentement.
25
novembre 2018 : L’accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE est
entériné par Bruxelles et accepté par Teresa May. Il se heurte à
l'opposition des parlementaires de Westminster. Les députés lui
reprochent la perte de souveraineté qu'il implique : pour
bénéficier du marché unique, la Grande-Bretagne devrait respecter
les règles de l'Union Européenne sans avoir prise sur elle après
l'entrée en vigueur du Brexit. Le premier ministre doit compter avec
l'aile la plus europhobe du parti conservateur et avec les partisans
d'un nouveau référendum .
A
la fin du mois de novembre 2018, la publication des prévisions
concernant les retombées économiques à prévoir en cas de "no
deal" avec l'UE font monter l'inquiétude dans l'opinion. Le
retour dans l'arène politique de Nigel Farage, l'ancien leader de
l'UKIP, renforce la détermination des brexiters, à un moment où,
contre toute attente, les Britanniques vont être appelés à aller
voter aux élections européennes du mois de mai. S'ils s'inquiètent
des possibles conséquences économiques du processus engagé en
2016, une majorité d'entre eux semble pourtant favorable à un
Brexit signifiant l'affirmation de la souveraineté du pays et sa
volonté de contrôler les flux migratoires.